La place qui change de nom
À Arèse, on a rebaptisé une place. L'écrivain qui la nommait depuis un siècle avait des idées dont plus personne ne veut ; la figure qui la nomme désormais fait l'unanimité. Je ne discute ni l'un ni l'autre : je note la mécanique.
Renommer une place coûte deux plaques et un discours. C'est le geste politique au meilleur rendement du marché : zéro budget, une journée de couverture, et l'adversaire piégé d'avance, car s'opposer à la plaque revient à défendre ce qu'elle remplace. Personne ne gagne un logement, un lit d'hôpital ou une place de crèche dans l'opération ; mais chacun sait désormais dans quel camp se range la mairie, et c'était l'objet de la dépense.
Les plaques disent rarement quelque chose du passé. Elles disent toujours quelque chose du présent.